Semaine de travail OCEANLINKS à la station de Banyuls

Une semaine dans une station marine

semaine de travail
Auteur·rice

Marion Maisonobe & Mayline Strouk

Date de publication

15 mai 2026

Une semaine de travail réunissant presque tous les membres du projet OCEANLINKS s’est tenue en résidence à la station marine de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) du 3 au 8 mai 2026. L’objectif était de travailler ensemble sur plusieurs tâches clés du projet, d’assister à plusieurs activités clés de la station, ainsi que de mener des entretiens avec des scientifiques et personnels techniques de l’Observatoire océanographique.

L’Observatoire océanographique de Banyuls-sur-Mer (OOB), aussi connu sous le nom de Laboratoire Arago, est une station de recherche marine implantée sur le littoral méditerranéen depuis 1882, date de sa fondation par le zoologiste Henri de Lacaze-Duthiers. Rattaché aujourd’hui au CNRS et à Sorbonne Université, il regroupe cinq missions principales : la recherche, l’enseignement, l’accueil de visiteurs scientifiques, l’observation du milieu marin, le développement économique local et la médiation scientifique. La semaine de travail à Banyuls a été l’occasion d’explorer les composantes de ces missions et de prolonger l’enrichissement des bases de données du projet OCEANLINKS.

Visite de la bibliothèque

L’équipe a d’abord pu visiter la bibliothèque, qui abrite une grande collection d’archives historiques et d’instruments anciens, issus pour la plupart de la bibliothèque personnelle d’Henri de Lacaze-Duthiers, fondateur de l’Observatoire océanographique de Banyuls-sur-Mer, et de la Station biologique de Roscoff. Chaque membre du projet a pu y trouver son compte en ressources documentaires : carnets d’expédition, livres de biologie en ukrainien, revues de biologie marine, livres sur l’histoire des stations marines et de l’océanographie, instruments scientifiques ou photos d’époque. Un grand merci encore à Sandrine Bodin et Véronique Arnaud pour la visite !

Une étagère des archives de la bibliothèque du Laboratoire Arago

Visite de l’aquarium public

Le Biodiversarium est l’aquarium rattaché à l’OOB, qui a la double fonction d’être ouvert au public et d’être un aquarium de recherche. L’aquarium de Banyuls est l’un des plus vieux aquariums de France, créé en 1885, dans la foulée de la création de la station, afin de présenter au public la faune et la flore marines. Après plusieurs rénovations, ce premier aquarium historique intégré à la station a fermé en 2016 et a donné place au Biodiversarium à partir de 2017. Pensé comme une « vitrine du laboratoire », l’aquarium expose uniquement les milieux sous-marins méditerranéens, ainsi que des posters et panneaux explicatifs et interactifs sur l’activité de la station. L’équipe a pu profiter des hippocampes, roussettes, mérous bruns, raies, coraux et autres espèces qui peuplent les fonds marins de la région.

Visite de l’aquarium de recherche

Le bâtiment du Biodiversarium abrite aussi un aquarium de recherche destiné au stockage d’échantillons de planctons, de microalgues, à la conservation d’espèces reproduites in vitro puis relâchées en mer, ainsi qu’à des expérimentations en tout genre, notamment pour tester l’effet de produits cosmétiques ou de pesticides sur l’écosystème marin. Une partie des membres du projet a pu bénéficier d’une visite de l’aquarium de recherche par Pascal Romans, conservateur du Biodiversarium et responsable du Service Mutualisé d’Aquariologie, et a pu observer les nombreuses espèces qui y sont entreposées. Notamment les poissons-clowns, un « organisme-modèle » fréquemment utilisé pour la recherche en laboratoire.

Aquariums de recherche

Travail sur la base des expéditions

En parallèle de ces visites, les membres du projet ont profité d’être réunis pour enrichir les bases de données qui serviront de ressource de première main pour les analyses produites au sein d’OCEANLINKS. La base des expéditions entretenue par Clarisse Didelon-Loiseau et Sébastien Haule recense les grandes expéditions océanographiques depuis la fin du XVIIIe siècle. L’équipe avait le défi de compléter un maximum d’informations sur ces expéditions, notamment en retrouvant les membres d’équipage et leurs fonctions, leurs dates de naissance et de décès, leurs villes d’origine, etc. Une preuve que les expéditions océanographiques étaient, très tôt, fortement internationalisées !

Travail sur la base des stations

Le projet OCEANLINKS ambitionne aussi de créer une base recensant l’ensemble des stations marines à travers le monde, une tâche menée par Marion Maisonobe, Hughes Pécout et Mattia Bunel grâce à un partenariat avec la base de la World Association of Marine Stations. L’objectif de la semaine était de parcourir les informations obtenues et de les comparer avec les données ouvertes issues des bases Wikidata et OSM, afin d’obtenir une base la plus complète possible.

Entretiens avec des scientifiques de la station

Arrivée une semaine avant les autres membres du projet, Mayline Strouk en a profité pour collecter des données ethnographiques de première main, à partir d’observations menées à la station et d’entretiens avec des chercheurs et des personnels techniques. Elle a ainsi pu s’entretenir avec Yves Desdevises, le directeur de l’OOB, mais aussi des ingénieurs et techniciens en charge des activités d’observation, des chercheurs et enseignants, un plongeur scientifique, ainsi que la responsable scientifique de la réserve marine de Cerbère-Banyuls. L’objectif de ces entretiens était de retracer leur parcours jusqu’à la station de Banyuls, d’explorer leurs expériences et pratiques de terrain, ainsi que les enjeux de leur recherche. Un focus particulier a été mis sur deux aspects spécifiques de la station de Banyuls : les activités d’observation du milieu, notamment à partir de la bouée Sola en face du port, et la tradition de recherche dans la région antarctique et subantarctique.

Sortie en mer

Enfin, Mayline a pu monter à bord de Néréis II, le bateau de la station, afin d’assister à la collecte hebdomadaire d’échantillons divers, dans le cadre de la mission d’observation de l’OOB, autour du point Sola. Ce jour-là, il s’agissait de collecter des échantillons d’eau et de plancton, à destination de la plateforme Remimed de l’observatoire, de chercheurs de la station, et d’étudiants en biologie. Mayline a pu mener quelques autres observations, dans les laboratoires de la station ou durant la réunion de consultation pour l’extension de la réserve marine de Cerbère-Banyuls, où l’OOB est aussi impliqué.

Collecte de plancton au point Sola